Pas facile de résister aux pétitions, médias, et autres fakes qui circulent un peu partout. Plutôt que de croire sans savoir je vous ai résumé les grands principes de l’aromathérapie.

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Margaux Motin

Au moins, vous pourrez choisir de croire ou de ne pas croire aux huiles essentielles, mais ce qui est sûr c’est que vous saurez pourquoi!

Au fait, une huile essentielle, c’est quoi?

           Première des infos à savoir, les huiles essentielles sont obtenues grâce à la distillation de plantes fraiches par entraînement à la vapeur d’eau. Plus d’info ici. On recueille alors d’un côté l’eau distillée et de l’autre l’huile essentielle.Illu-Huile-essentielle-01

            Seconde info très importante, la composition chimique de l’huile essentielle va résulter de la plante distillée (d’où l’importance qu’elle soit BIO, idéalement sauvage), de l’espèce botanique choisie (nom complet, espèce, sous espèce et variété) et de sa provenance( la nature du sol ainsi que le taux d’ensoleillement auront un effet sur la synthèse des molécules aromatiques). En outre, ces compositions chimiques ne sont pas immuables, leurs variations de composition sont appelées « chémotype » et sont spécifiées après le nom latin ou français.

ex: Thym vulgaire à thymol

        Chimiquement, une huile essentielle est constituée de nombreuses molécules aromatiques identifiées et répertoriées. (phénols aromatiques, alcools terpéniques, alcools sesquiterpéniques, aldéhydes aromatiques et terpéniques, cétones terpéniques, oxydes terpéniques, phenols méthyl-éthers, esters terpéniques, terpènes, …)

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exemple de molécules terpéniques

 

Et ça fonctionne comment?

          En tant que pharmacienne, mes nombreuses années de chimie m’ont poussée à vouloir comprendre comment ces molécules aromatiques fonctionnaient? Leurs modes d’action se manifestent de différentes manières:

  • A travers une action directe (de la molécule ou de l’un des ses métabolites ) sur les micro-organismes pathogènes qui subissent la toxicité des molécules aromatiques à leur encontre. Substances issues du règne vivant en réponse adaptative à leur environnement, certaines molécules sont proches d’assemblages d’atomes participant au fonctionnement du corps humain. D’autre part, sur le plan des récepteurs nerveux et des neurotransmetteurs, plusieurs composants aromatiques semblent développer une activité.

exemple: le sclaréol (sauge sclarée) a une analogie structurale avec les oestrogènes contre l’aménorrhée (absence de règles).

  • A travers une action indirecte, par intervention sur des processus biologiques, modification du terrain local et général. (apport/captation d’électrons, acidification par apport de protons). Ainsi les molécules négativantes (elles donnent des électrons) qui sont apaisantes, anti-inflammatoires et anti-spasmodiques auront une réelle utilité dans les algies post-traumatiques, les angoisses, insomnies, les eczémas, l’asthénie etc… De l’autre côté, les molécules dites positivantes (qui donnent des protons ou captent des électrons) auront des pouvoirs « toniques ».

 

  • Fonction informationnelle des molécules aromatiques, exogène (olfactive) et endogène (neurologique, endocrinienne…), par leur puissante diffusibilité les molécules aromatiques agissent directement lors de l’inhalation sur les aires corticales olfactives entraînant des réactions en chaîne réactivant les fonctions biologiques ou physiologiques.

Quelles sont les propriétés?

                    Sans vouloir rentrer dans des démonstrations de corrélations structures biochimiques/activités, les propriétés et champs d’action des molécules aromatiques peuvent être classés comme suit:

Mais alors, quels sont les risques et dangers?eeaa775cf4b31df624f9afa03b709681

                  Les huiles essentielles sont donc des substances très actives. A ce titre, elles doivent être utilisées avec vigilance, et toujours sur la base de connaissances fiables et suffisantes. A ce jour la réglementation n’est pas claire, ce qui permet de retrouver toutes ces huiles essentielles (sauf une petite liste d’huiles essentielles très peu utilisées réservées à la vente en officine) sur les étals des marchés, les grandes surfaces, entrainant des mésusages à l’origine de toxicités parfois graves.

                Bien entendu, toutes les molécules aromatiques ne présentent pas le même degré de toxicité et il est important de rappeler qu’un grand nombre d’entre elles ne présente aucune toxicité aux doses physiologiques et pharmacologiques quand elles sont utilisées sur de courtes ou de moyennes périodes. Les toxicités rapportées sont donc très majoritairement dûes à une mauvaise utilisation des huiles essentielles, en particulier chez les jeunes enfants.

               « Naturel » ne veut certes pas dire dénué de toxicité, mais ne cédons pas non plus à la paranoïa qu’on voudrait bien développer concernant l’aromathérapie, car c’est autour des médicaments et notamment du paracétamol que les intoxications sont les plus fréquentes dans le monde (voir article ici), mais chut… c’est un secret!tampon-n196-chut-e1527922662439.jpg

Je vous résume?1438201282198

                 Issues de la distillation à la vapeur d’eau, les huiles essentielles sont composées de nombreuses molécules aromatiques biochimiquement identifiées et classées. Substances très actives, les huiles essentielles présentent de multiples propriétés scientifiquement prouvées, qui expliquent également que leurs mésusages puissent être à l’origine de toxicité, d’où la nécessité d’être conseillé par un professionnel de santé compétent pour bien les utiliser.

 

Et voilà, quelques éléments concrets pour vous permettre de vous éclairer… maintenant à vous (et vous seulement ) de juger!

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Margaux Motin

J’ai rédigé cet article en m’appuyant sur des éléments scientifiques issus du livre « L’aromathérapie exactement » du Docteur Daniel Pénoël, du Soléologue Roger Jolis et du chercheur Pierre Franchomme. Retrouvez cette encyclopédie aux éditions Roger JOLLOIS.